À la découverte des Chambres Régionales du Surendettement Social
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À la découverte des Chambres Régionales du Surendettement Social

Créées il y a 17 ans et reconnues d’utilité publique, les Chambres Régionales du Surendettement Social (CRESUS) ont pour mission d’accompagner vers le désendettement les ménages mis en difficulté par la multiplication de leurs crédits.

Une association qui milite d’abord pour la prévention

Grâce au partage d’expérience et au suivi personnalisé des dossiers, l’association aide de plus en plus de familles à s’en sortir, à condition d’être saisie le plus tôt possible pour de meilleures chances de réussite. En partenariat avec des banques, des mutuelles et des entreprises, CRESUS propose aux consommateurs endettés d’effectuer une analyse objective et sérieuse de leur budget. L’objectif étant de trouver des solutions rapides, efficaces et surtout réalistes.

Mais l’association veut également mettre l’accent sur la prévention, et elle multiplie les conférences sur le surendettement dans toute la France, tout au long de l’année. Elle donne alors des conseils pratiques sur les bonnes pratiques budgétaires, et recommande surtout aux consommateurs de ne pas attendre d’être « dans le rouge » pour essayer de rétablir leur situation financière.

Plusieurs causes au surendettement

Selon Régis Halter, directeur adjoint de CRESUS Alsace, il n’y a pas une seule cause au surendettement, mais plutôt une accumulation de facteurs. Ainsi, on note souvent un nombre important de crédits, notamment des crédits à la consommation renouvelables. Et puis, un événement comme une perte d’emploi, un divorce, une maladie, vient perturber l’équilibre budgétaire déjà précaire du ménage. Ces accidents de la vie ne sont pas en eux-mêmes créateurs de surendettement, mais ils le révèlent. Et c’est souvent trop tard. On voit alors que les ménages concernés ont vécu au jour le jour, sans se soucier de l’avenir, sans anticiper une baisse de revenus. Certains ont un peu d’argent de côté, mais les Français n’ont plus le réflexe de l’épargne de précautionqui dominait dans les années 50.

En face, on constate également une forme de complaisance des établissements financiers à l’égard des ménages souhaitant s’endetter. Ils leurs octroient des crédits sans vérifier leur solvabilité, omettant même de demander certains justificatifs. Chacun est responsable de son budget, mais on trouve encore trop de professionnels du crédit ou de la vente qui profitent de la faiblesse de certains consommateurs pour leur faire miroiter la possibilité d’acquérir des biens qu’ils n’ont en réalité pas les moyens d’acheter.

Nécessité de prévenir plutôt que (mal) guérir

Chaque année, le nombre de dossiers de surendettement augmente (+6% entre 2010 et 2011). Certes, la loi Lagarde est venue récemment mettre un peu d’ordre dans les crédits à la consommation, mais son effet principal a surtout été de réduire le nombre de crédits renouvelables. Or le problème reste entier car de nombreux ménages, qui n’ont pas pour autant changé leur manière de consommer, compensent désormais l’absence de crédits par l’accroissement de leur découvert bancaire, au point d’être finalement en permanence débiteurs.

C’est généralement à ce stade que les gens contactent CRESUS, quand ils ont perdu pied. Et c’est pourquoi l’association insiste sur la nécessité d’anticiper les situations de surendettement en défendant la création d’un registre national des crédits des particuliers qui informerait les établissements financiers sur les crédits déjà souscrits par leurs clients. On pourrait alors mettre un terme au jeu de dupe entre consommateurs, banquiers et commerciaux.

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