La fausse bonne idée du crédit renouvelable
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La fausse bonne idée du crédit renouvelable

Entre principes théoriquement séduisants et dérives inévitables, le crédit renouvelable (dit aussi renouvelable) est vite devenu la première cause de surendettement des personnes les plus fragiles. Retour sur ces abus.

La fausse bonne idée du crédit renouvelable

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Des fondements théoriques séduisants

Aujourd’hui décrié et rendu largement responsable d’une bonne majorité des cas de surendettement des ménages, le crédit renouvelable était au départ basé sur une idée relativement simple : sachant qu’on peut avoir besoin de financer des projets à court terme pour lesquels on n’a pas forcément les moyens dans l’immédiat, les crédits à moyen et long terme ne sont pas véritablement adaptés car ils nous engagent sur des durées parfois plus longues que le temps d’usage du projet financé (le cas des voyages par exemple est assez significatif).

Par conséquent, une réserve d’argent disponible à tout moment et remboursable à tempérament, souple comme un découvert autorisé et encadré comme un prêt classique, était donc une bonne idée. Sauf qu’elle s’est finalement révélée aussi irréaliste en pratique qu’elle pouvait être séduisante en théorie.

Les raisons d’un échec inévitable

Paradoxalement, ce sont les raisons du succès du crédit renouvelable qui expliquent aussi son échec. Faciles à obtenir, car longtemps accordés sans justificatifs, et permettant de disposer de sommes parfois importantes en très peu de temps, ces crédits ont rapidement été l’objet d’un engouement sans précédent.

Malheureusement, tous les emprunteurs n’ont pas de bonnes notions d’économie domestique raisonnée (en clair, ils sont nombreux à dépenser au-dessus de leurs moyens). Par conséquent, inévitablement, un nombre croissant d’entre eux s’est retrouvé pris au piège de remboursements qui excédaient même parfois les revenus du ménage. En fait, un crédit renouvelable ne devrait pas dépasser 6 à 8 mois pour être « rentable » du point de vue de l’emprunteur.

Au-delà, il devient trop cher et peut même entraîner le client dans la spirale du surendettement.

À qui profite le crime

Bien évidemment, les grands gagnants du crédit renouvelable sont les banques et autres organismes de financement.

D’abord en raison des taux d’intérêt qui frôlent littéralement les niveaux de l’usure en France (généralement entre 15 et 20% par an). Une politique tarifaire que les professionnels justifient sans scrupules en raison du profil plus risqué de leur clientèle : en effet, ces crédits s’adressant en priorité aux personnes fragiles ou en difficulté financière, les banques doivent pratiquer des taux de remboursement astronomiques pour s’assurer une sécurité financière en cas de défaut de paiement.

Ensuite, même si les banques ont l’obligation de vérifier l’état des finances de leurs emprunteurs, et malgré le récent durcissement de la législation en vigueur, elles sont nombreuses à avoir multiplié les crédits assortis d’assurances de plus en plus coûteuses, leur garantissant là encore de confortables recettes.

Le rachat de crédits pour sortir de la spirale infernale

Ainsi, derrière l’argument faussement social qui mettrait le crédit à la portée du plus grand nombre, les organismes financiers se sont surtout constitué de véritables rentes sur le dos de ménages fragiles qu’ils ont endettés au-delà du raisonnable.

À cet égard, le rachat de crédits représente une réelle solution de désendettement, en permettant notamment de racheter tous les crédits renouvelables contractés pour les convertir en une seule ligne de crédit amortissable classique, beaucoup plus avantageux sur le plan tarifaire et surtout considérablement allégé du fait de son étalement dans le temps.

Ainsi, certains ménages ont pu voir leurs mensualités de remboursement diminuer de moitié, voire plus encore.

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