Le profil du surendettement en France
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Le profil du surendettement en France

Récemment, un rapport de la Croix Rouge dressait un portrait des ménages surendettés, mettant l’accent sur les enjeux importants d’une telle situation et proposant des pistes de réflexion pour une meilleure prise en charge des dossiers de surendettement.

Un endettement qui ne cesse d’augmenter

En hausse constante depuis 20 ans, le nombre de dossiers déposés devant les commissions de surendettement atteint désormais 230 000 par an. Mais plus inquiétant, 40% d’entre eux sont des « redépôts », ce qui signifie qu’une bonne partie des situations ne peuvent être résolues du premier coup.

De son côté la Banque de France indique cependant que 765 000 ménages sont en voie de désendettement avec un passif moyen de 37 000 euros par ménage (+ 7.25% par rapport à 2010). Dans 91% des cas, les dettes sont constituées de crédits à la consommation non remboursés, et deux fois sur trois il s’agit de crédits renouvelables.

76% des ménages souffrent également de l’accumulation de dépenses contraintes (loyer, assurances, etc.) que de maigres salaires ou de petites pensions n’arrivent plus à couvrir. Ces sommes représentent souvent plusieurs milliers d’euros et sont aggravées pour 60% des foyers concernés par un découvert bancaire évalué à 1500 euros en moyenne.

Agir le plus tôt possible pour plus d’efficacité

Idéalement, il faudrait que les personnes en difficultés s’alarment bien avant d’arriver à cette situation, les différents acteurs sociaux s’accordant à dire que les chances de réussites sont optimales tant qu’on se situe en-dessous de 10 000 € de dettes impayées.

Malheureusement, la procédure de surendettement fait peur et un grand nombre de travailleurs sociaux ne connaissent pas bien les avantages de cette démarche. Conséquence, les actions de désendettement surviennent bien trop tardivement, ce qui explique leur taux d’échec encore élevé.

Des enjeux importants qui justifient une meilleure prise en charge

Pourtant, les enjeux sont considérables à tous les niveaux et la réduction du surendettement est une question économique et sociale majeure aujourd’hui.

En effet, cette situation coûte 200 millions d’euros par an à l’État en frais administratifs via la banque de France. Mais elle représente également une perte sèche pour un grand nombre de créanciers qui doivent gérer les contentieux et abandonner une partie de leurs créances.

Ainsi, 718 millions d’euros de dettes bancaires ont été effacées en 2010, tandis que les acteurs privés devaient annuler 162 millions de dettes courantes.

Autres coûts non négligeables à prendre en compte, les aides financières proposées par les collectivités et les associations, destinées au paiement des factures de particuliers devenus insolvables ; sans oublier enfin, des coûts sociaux exorbitants (même s’ils restent difficiles à quantifier précisément) constitués par l’accroissement des tensions familiales, des séparations ou des divorces, des maladies, voire des suicides liés aux difficultés financières.

Rappelons qu’un rachat de crédits peut considérablement alléger le poids des remboursements en réduisant parfois de 60% le montant des mensualités. Mais là encore, il est indispensable d’agir rapidement, sans attendre de se retrouver dans une situation d’insolvabilité peu propice à inspirer confiance à un éventuel prêteur.

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